Quand tombe le nom de Serena Williams, on pense à sa puissance, ses sorties tapageuses ou ses tenues affriolantes mais on oublie souvent l'essentiel: c'est une sacrée combattante, et elle le montre à l'Open d'Australie, où elle est en demi-finales pour la troisième fois.
Comme le petit monde du tennis fourmille de records et de statistiques diverses, en voilà un autre: Serena Williams, Américaine, ancienne N.1 mondiale est, selon les ordinateurs de la WTA, la seule joueuse de l'histoire à avoir remporté deux tournois du Grand Chelem en ayant sauvé des balles de match en route.
Surprenant, elle a réalisé ça au même endroit et au même stade du tournoi, en demi-finale de l'Open d'Australie, en 2003 et 2005. Si mardi elle n'a pas été confrontée à cette situation - forcément, ce sera pour la demi-finale - ce n'est pas passé loin. Dans le final, de ce qu'elle a qualifié de "un mauvais match de (sa) part", elle s'est retrouvée à deux points de la catastrophe face à l'Israélienne Shahar Peer, qui a servi pour la victoire à 6-5 dans le troisième set.
"Je deviens 'sang-froid'"
Serena a alors refusé la défaite, montrant une nouvelle fois des qualités mentales exceptionnelles. "Je deviens 'sang-froid' dans ces situations, explique-t-elle en français dans le texte. "Un calme absolu m'envahit, je suis complètement détendue, je plane. Je suis heureuse" , ajoute-elle.
A la sortie du court, elle avait livré une version moins ésotérique et plus musclée, en racontant dans son style inimitable: "J'adore la compétition, y compris lorsque je joue aux cartes. Parfois, je joue même à signer les autographes le plus rapidement possible. Je suis la compétitrice ultime." Quoiqu'il en soit, Serena déteste la défaite et dispose visiblement des armes pour l'éviter au maximum. Ou comment expliquer sinon que sur trois balles de break cruciales, à 4-4 au troisième set, elle arrive à sortir deux aces et un service gagnant ?
"J'adore mon service, il me laisse rarement tomber", souligne-t-elle. Sa combativité, son relâchement et son service donc sont couplés à une énorme confiance en soi, apparemment inébranlable. "Je suis mon gros plus fan", résume-t-elle.
"J'ai toujours cru en moi"
"Personne ne misait sur moi ici, sauf moi et ma mère. J'ai toujours cru en moi, peu importe ce que disent les gens, ce qu'écrivent les journaux. Toute cette 'négativité' est incroyable. Enfoncer quelqu'un qui, déjà, n'est pas bien. Je trouve épatant qu'avec toutes ces critiques, je suis arrivée à rester debout. "
Cette confiance absolue en elle a permis à Serena, 25 ans, de revenir une nouvelle fois de nulle part. Du 140e rang mondial plus précisément, son plus mauvais classement depuis 1997, qu'elle avait atteint en juillet 2006. Après deux années de purgatoire, où elle a connu blessures et distractions diverses, la voici de retour, au point de pouvoir prétendre à un premier titre depuis l'Open d'Australie en 2005.
"Je suis heureuse de jouer de nouveau, d'aller en Inde dans quelques semaines, je suis heureuse de bientôt ne plus être la 81e mondiale (son rang actuel), s'enthousiasme-t-elle. Quel classement je veux ? On verra, j'aime bien être la N.1, j'aime être attendue, j'aime cette pression."